Le Canada est un grand pays développé, inséré dans un réseau d’échange important dans le cadre de
l’ALENA – Accord de libre échange nord américain – avec deux partenaires, les Etats-Unis et le
Mexique. L’Union Européenne est un modèle d’intégration, initié en 1957 et comprenant aujourd’hui
27 pays, dont certains partagent une monnaie commune, et assurant la libre circulation des hommes
et des marchandises sur son territoire. Dans cette étude nous considérons l’Union européenne
comme constituant un seul pays, à l’exception de la France qui est isolée afin de pouvoir évaluer
l’hypothèse d’implications éventuellement différentes sur ce pays et sur le reste de l’Union d’un
accord avec le Canada. La politique commerciale relevant des instances européennes, il est logique
d’appréhender cet ensemble comme un seul bloc, même si les conséquences d’un accord de libre
échange peuvent être différentes selon les pays et les régions.
Parallèlement à leurs divers accords régionaux (ALENA, UE-AELE…), ces deux pays sont aussi engagés
dans des projets d’accords bilatéraux avec un certains nombre de pays. Ainsi l’Union Européenne
négocie activement des accords de libre-échange avec les pays de l’ASEAN, la Corée ou encore l’Inde
tandis que le Canada étudie les opportunités avec des pays tels que la Corée.
Ces deux pays ont, par ailleurs, officiellement lancé en mars 2009 l’étude d’un accord de libre-échange
entre eux. Les principaux points de négociations concernent les barrières tarifaires au
commerce de biens et services, la propriété intellectuelle, l’investissement, les barrières techniques
au commerce (normes…) ainsi que la régulation de la concurrence. Par ailleurs, un accord sur la
mobilité du travail a également été évoqué. Dans l’étude suivante, nous nous proposons d’étudier le
premier point (les barrières tarifaires) grâce à la cohérence du cadre conceptuel assurée par
l’utilisation du modèle d’équilibre général Mirage, développé au CEPII, qui propose un sentier
dynamique « de référence » à horizon 2025.
Quelles peuvent être les conséquences d’un démantèlement tarifaire entre ces deux pays de niveau
de développement similaire, aux modes de consommation proche et aux secteurs agricoles
relativement importants ?
Pour répondre à cette question, nous présentons les principales hypothèses du modèle ainsi que les
données que nous utiliserons, dans la première partie. Puis, dans la deuxième partie, nous
présenterons les relations commerciales entre l’Union Européenne et le Canada. Dans la troisième
partie, nous décrirons les différents scénarios étudiés pour, finalement, dans la dernière partie, en
interpréter les résultats, comparativement à la situation de référence.
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